- Féminisme et lesbianisme -


Résumé de l'article La place des lesbiennes dans le mouvement des femmes de Line Chamberland

Dés 1904, Anna Rueling, insistait sur la nécessité pour les féministes et les lesbiennes d'unir leur force pour conquérir leur liberté. Elle montrait que les lesbiennes avaient été de tous les combats mais qu'on les avait peu aidées en retour.
Line Chamberland constate que les choses ont peu changé en 1970 soit 70 ans plus tard, et que les lesbiennes sont toujours partie prenante dans les luttes féministes mais sont peu soutenues en retour.

Le lesbianisme féministe (années 70)

Cette appellation tend à montrer que le lesbianisme n'est plus vu comme une pathologie mais une réaction au patriarcat, l'interprétation de leurs attirances sexuelles devient donc différente.
Toute femme solidaire des autres femmes était donc lesbienne ; le mot était désexualisé

Les années 80

Il y eu scission et effervescence dans ces années là. L'auteure considère qu'on a assisté à un brouillage ; on a englobé dans le mouvement des femmes qui l'ont désexualisé puisqu'elles n'étaient pas attirées sexuellement par des femmes et l'on a aussi durci le mouvement.
Parallèlement le mouvement féministe s'était démocratisé et popularisé ; englober des lesbiennes et critiquer l'hétérosexualité fut donc quelque peu oublié.

Il y eut alors des tensions entre les féministes hétérosexuelles et les lesbiennes. Les premières condamnaient la pornographie, la prostitution, le viol et faisaient ressortir selon les homosexuelles leur vulnérabilité. Elles s'appesantissaient aussi sur des faits qui ne concernaient pas les lesbiennes. De plus ces dernières voyaient d'un mauvais oeil la volonté d'interdire la pornographie alors qu'elles voulaient que leur sexualité soit rendue plus visible.

Le queer naquit alors et l'on discuta de l'hétéroterrorisme en oubliant parfois le point de vue féministe.

Les années 1990 : visibilité et reconnaissance sociale

Les mouvements gays et lesbiens parviennent à gagner l'espace public et à acquérir une visibilité. Les lesbiennes se divisent et se séparent entre les associations mixtes gays, les mouvements féministes, les mouvements queer.

Beaucoup se sont concentrées , comme Line Chamberland, sur des objectifs pragmatiques en nouant des alliances ponctuelles.

Idées de Line Chamberland sur les lesbiennes

1. Les lesbiennes sont un groupe hétérogène où chacune affirme son lesbianisme, le voit et l'exprime de manières différentes. Les revendications ne sont pas les mêmes (reconnaissance du conjoint par exemple). Plus que les divergences d'opinion, c'est la non visibilité dans les mouvements gays et les mouvements féministes qui est à noter.

2. elle insiste sur la nécessité pour les mouvements féministes d'intégrer les lesbiennes en tant que lesbiennes et non uniquement comme des femmes. Cette spécificité engendrera et engendre déjà des tensions qu'il faudra aplanir. Considérer les lesbiennes comme des femmes et uniquement comme cela les désexualise.

3. l'identité et la construction des lesbiennes est issue d'un mouvement historique particulier. Il convient d'étudier pour l'auteure comment se sont construits les limites de 'l’acceptable et de l'inacceptable dans la sexualité, comment l'on catégorise les désirs sexuels, quels liens y a t il entre ces désirs et la construction de la masculinité et de la féminité.

L'auteure fait remarquer que ces questions ne sont pas anodines dans la mesure ou de nombreuses lesbiennes ont associés leur désir à un désir masculin car seul acceptable. Elles se sont donc masculinisées. D'autres ont refusé cela car cela leur semblait cautionner l'idée que l'homosexualité était une pathologie.

Line Chamberland parle ensuite de la définition de l'homosexualité ; pour la qualifier , depuis les années 60, on parle souvent d'une attirance sexuelle qui serait irréversible. La considérer comme innée, c'est cautionner l'idée que l'homosexualité coexiste à coté de l'hétérosexualité et que cette dernière est normale, naturelle.

Nier toute différence c'est escamoter les identités différentes, l'histoire bien particulière. cela permet de ne plus réfléchir à l'hétérosexisme et d’oublier combien i lest oppressif pour les femmes. C'est aussi ne plus réfléchir à la notion de genre.

On peut dégager deux pistes de réflexion pour ce texte.
- Pourquoi les lesbiennes ont été, soit écartées des mouvements féministes, soit sommées à termes couverts d’être avant tout des femmes ? 
- Pourquoi les mouvements féministes ont elles nié cette particularité ?

L’homosexualité n’est souvent vue que comme une attirance pour le même sexe que soi ; ne faudrait il pas s’interroger sur ce qu’il implique dans la construction du genre, sur ce qu’il propose comme modèle face à l’hétérosexisme et sur ce qu’il signifie face à lui. Le lesbianisme est il donc un choix politique, conscient ou non, peu importe.

Mathilde

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